Aller à la page d'accueil. | Aller au contenu. | Aller à la navigation |

Document Actions

Semaine du 21 juin 2017

« Conjuguer différemment »

Je viens d’apprendre une chose que je n’avais jamais remarquée.

Les jeunes hébreux apprennent à conjuguer différemment de nous.  Nous, en français et dans notre tradition occidentale, disons : «Je suis, tu es, il est…»  Eux, en hébreu, disent l’inverse dans l’ordre suivant : «Il est, tu es, je suis». Étonnant, certes! Cette façon d’apprendre a sans doute des conséquences sur le plan humain et, à long terme, doit marquer la culture ambiante.

Chez nous, le «moi» et le «je» sont mis en valeur.  Le «moi» est donc la référence première, un peu comme s’il était le centre du monde.  Nos chartes ne cessent de renforcer les libertés et les droits individuels.  Les valeurs phares sont l’autonomie et l’estime de soi.

Ce n’est qu’en troisième lieu que vient le «il».  Ce n’est qu’en troisième lieu qu’arrive le bien commun; en conséquence, il ne serait guère la première de nos préoccupations!

Alors qu’en commençant plutôt par «il», le jeune hébreu pense d’abord au groupe, à la communauté, à la société, au bien commun, à Dieu.  Il identifie ensuite ses interlocuteurs à qui il dira «tu».  Et le «je» n’arrive qu’après.

À vrai dire, plus qu’une simple conjugaison, c’est la logique qu’on trouve dans l’évangile. Jésus dit : «Tu aimeras le Seigneur ton Dieu (il) de tout ton cœur… et ton prochain (tu) comme toi-même (je).  Voyez, pour l’hébreu, l’amour de Dieu est premier; de cet amour découle l’amour des autres d’abord, puis l’amour de soi.  C’est la logique de la conjugaison chrétienne!

 + Dorylas Moreau