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Semaine du 12 avril 2017

« On reçoit ce qu'on mérite! »

J’ai souvent entendu dire: « Tu sais, dans la vie, on a ce qu’on mérite. » Je suis assez d’accord avec cette phrase. Le succès ou l’atteinte de nos objectifs se réalise avec des efforts et de la persévérance; on est intimement responsable de cette réussite. Le problème avec cet adage, c'est qu'il comporte aussi un sens caché qui sous-entend une culpabilité ressentie face aux échecs ou aux évènements difficiles de la vie.

 

Par exemple, je pourrais penser qu’un enfant difficile est élevé par de mauvais parents. Dans certains cas, cela peut être vrai mais il ne faut surtout pas oublier l'influence de nombreux autres facteurs, comme l’hérédité et les facteurs environnementaux.

 

Certains regards semblent lourds de jugement quand un bébé pleure sans arrêt dans des endroits publics.  Or, ces gens ne connaissent pas les détails de la nuit passée ou les malaises que vit l’enfant.


Parfois, des parents débordés peuvent refuser d’être aidés parce qu’ils se sentent directement responsables de la santé ou du tempérament de leur enfant. Par le fait même, ils s’épuisent rapidement et se rendent moins disponibles psychologiquement et physiquement à leur enfant. Il se crée alors un cercle vicieux qui peut affecter la relation parent-enfant.

 

L’aide offerte par solidarité et empathie par des proches peut être perçue comme un signe d’incompétence parentale, du genre : «Toi, tu ne réussis pas à calmer ton bébé, moi oui. Regarde tout ce que j’ai fait pendant que le bébé dormait : la vaisselle, le ménage, le lavage... » Pourtant, les gens, bien intentionnés, voulaient simplement aider pendant un temps, soulager les parents temporairement, souvent parce qu’ils ont vécu des situations similaires.

 

Ces situations difficiles demandent beaucoup d’humilité pour reconnaître notre humanité, notre vulnérabilité et notre besoin de l’autre. Au fond, il faut savoir accepter l’aide qui nous est offerte comme un cadeau, sans jugement ni culpabilité, mais surtout comme un témoignage de bonté, de tendresse et d’amour.

 

Martine Duval