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Semaine du 1er novembre 2017

« Qu'y a-t-il à comprendre, à saisir? »

La lecture d’un passage du livre de Roméo Dallaire sur «la faillite de l’humanité au Rwanda » me donne froid dans le dos. Le simple fait d’évoquer les horreurs de ce génocide m’apparaît à la limite du supportable. Je mets en parallèle le récit autobiographique de Laurette Lepage Boulet, originaire du Témiscamingue. Cette dernière a quitté la vie religieuse, après une trentaine d’années, où elle dit avoir appris « le silence, la contemplation et la prière ». Elle continue de s’épanouir dans la vie de couple. Avec son conjoint, elle met sur pied une fondation pour soutenir plein de projets humanitaires. Son mari décédé du cancer, à 62 ans, elle retourne au Brésil vivre dans une favela. Elle veut répandre l’espoir; donner « à la boue et aux immondices des couleurs d’arc-en-ciel ». Expulsée pour avoir accompagné des paysans sans terre dans leurs revendications, elle s’installe dans la basse ville de Québec où règne très souvent un climat de violence lié à la pauvreté, à la prostitution, à la drogue et à la criminalité, à ses yeux : « un royaume à bâtir ». Elle chemine avec plusieurs personnes du milieu dans l’accueil inconditionnel et la prière. À travers ses visites régulières au pénitencier, elle médite sur le mystère de « l’infinie présence » qu’elle dit rejoindre en ce lieu même. Elle s’acharne à promouvoir l’église de la rue auprès des plus hautes instances. Elle vit sa mort  comme une renaissance. Qu’y a-t-il à comprendre, à saisir lorsqu’on réalise que l’humain est capable du pire et du meilleur?  Laurette, que j’ai connue personnellement, en fait état dans un de ses nombreux livres intitulé : «  Dieu mon chemin », paru aux éditions Anne Sigier.

Lucie Trudel