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Semaine du 29 mars 2017

«Pourquoi est-il si important de vivre son deuil?»

Il y a un peu plus d’un mois, j’accompagnais ma mère dans les derniers instants de sa vie. Avec tendresse et émotion, je suis à ses côtés pour lui tenir la main, lui dire que je l’aime et prier avec elle. Une paix profonde s’installe dans nos cœurs. Quelques jours plus tard, c’est en compagnie de mon père, mon frère, ma belle-sœur et moi que maman rend son dernier souffle tout en douceur. Son départ nous bouleverse tous. Certes, maman était âgée, affaiblie et malade. Mais il n’y a pas d’âge pour voir partir un être cher. Cette perte douloureuse me conduit à prendre conscience que je débute un processus de deuil.

Au cœur de cette épreuve, un mouvement intérieur me pousse à reconnaître la perte significative, à exprimer ma peine, à accepter mes moments de fragilité émotive, à ressentir la présence de ma mère dans l’absence, à confier ma tristesse à Dieu et à reprendre mon quotidien avec courage. Cela prend du temps... C’est le propre du deuil.

Malheureusement, il arrive que des personnes ne se donnent pas le temps nécessaire pour le faire. Elles veulent tourner rapidement la page à la suite du décès de leur proche. Elles ont peur de vivre leur peine. Jean Monbourquette (1933-2011), prêtre et psychologue, affirme qu’environ 90% des personnes n’arrivent pas à résoudre leur deuil. Elles ne se donnent pas le temps de verbaliser leurs émotions. Pourtant les émotions refoulées à l’intérieur de soi risquent de se manifester autrement comme par la maladie. C’est pourquoi vivre et assumer le processus du deuil – il s’agit entre autres d’extérioriser son chagrin – permet de retrouver la paix et l’harmonie intérieures. La présence de Dieu en soi y contribue aussi. Elle est la source qui apaise la soif de réconfort et d’espérance en l’Amour qui est plus fort que la mort. « Car auprès de toi, Seigneur, est la Source de la vie ; par ta lumière, nous voyons la lumière » (Ps 36, 10).

 

Pierre Goudreault