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Semaine du 6 septembre 2017

«Apprivoiser ses peurs pour relever de nouveaux défis!»

     Comme promis, je fais suite à ma dernière chronique intitulée « La douleur chronique sous la loupe ». Les mécanismes reliés à la peur sont vieux comme le monde et c’est en partie grâce à eux que la race humaine a pu évoluer en assurant sa survie. La peur sert d'élément déclencheur pour nous avertir d’un danger imminent en provocant essentiellement la fuite ou la bagarre. Je comprends très bien pourquoi ces réactions étaient essentielles dans les temps préhistoriques, mais aujourd’hui, ces mécanismes sont-ils encore utiles ou peuvent-ils parfois me nuire?

     Vivre au quotidien avec la douleur chronique demande d’établir des limites réalistes.  Or, ces mêmes limites peuvent parfois devenir des barrières psychologiques pour fuir la douleur potentielle. Donc, mon cerveau réagit à un danger possible plutôt qu’un danger réel. Il peut alors se créer un cercle vicieux qui réduira mes actions pour éviter la douleur tout en diminuant progressivement mes capacités.

     La vie m’a choyée en trouvant des solutions permettant de réduire la douleur, mais les mécanismes encore en place tentaient de me faire fuir les activités exigeantes. Alors que les ressources étaient plus limitées, je n’ai pas eu le choix de surmonter ces barrières pour ensuite réaliser qu’elles n’étaient plus appropriées. Quel bonheur de voir que les capacités que je croyais perdues ne l’étaient plus! Naturellement, je dois me méfier des excès de confiance qui pourraient me mener à l’extrême opposé en surestimant mes capacités et en minimisant les défis. Parfois, les petites victoires constantes mènent plus loin que des tentatives exagérées qui se soldent en échecs. C’est à moi, en toute conscience, de vérifier si j’ai les capacités de relever le défi. Je réalise que je dois apprendre à m’ajuster au quotidien, comme à la température changeante, sans me laisser dominer par la peur, tout en sachant qu’elle est là pour m’avertir d’un danger potentiel.

 Martine Duval